2019 FOREVER VIGNERON
2019 FOREVER VIGNERON qualité au sommet, quantité contractée Si nous déplorons une légère contraction de production versus 2018, nous nous félicitons surtout de la rare qualité des moûts de ce 2019. Longtemps ce millésime saura nous fasciner : profond, structuré, équilibré et empreint d’une rare distinction. Il a tant à nous dire… climat Un été viticole radieux après un printemps à rebondissements. Pluies largement excédentaires en avril, beau en mai, retour offensif de la fraîcheur début juin ; épisodes caniculaires fin juin et juillet (donc sans marquage du raisin à ce stade du cycle), quasi absence de pluie sur l’ensemble de l’été et jusqu’à la fin des vendanges, mercure très tempéré en août et septembre (écartant là encore le risque de brûlure des baies exposées). Privilège du territoire Le plateau de Ducru-Beaucaillou a connu une induction florale extraordinaire entre le 31 mai et le 2 juin grâce à un très beau ciel et des températures très élevées (32°C relevés le 1ier Juin à 19h00). La fleur des vignes embaumait la propriété de son agréable et enivrante senteur de chèvrefeuille, douce, acidulée, suave. La fleur des vignes embaumait la propriété de son agréable et enivrante senteur de chèvrefeuille, douce, acidulée, suave. Sur les terroirs satellites du centre et de l’ouest de l’aire d’appellation, les parcelles, moins hâtives, ont connu une floraison plus longue et délicate (entre les 3 et 13 juin), conséquence d’une vague « frileuse », survenue subitement au lendemain de cet épisode solaire (en particulier le 5 juin : pluie forte et continue tout au long de la journée, 13°C seulement à 13 heures). Ce perfide rafraîchissement passera finalement sans que nous ayons trop à en souffrir. Dès la mi-juin, le soleil a versé chaque jour sur nos vignes sa chaleur bienfaisante. Des soins manucurés (vendanges vertes et rosées, effeuillages prudents) viendront corriger les quelques imperfections de la nature. Tout au long de l’été, nos vignes n’ont pas vacillé. Elles connaissent leurs atouts : la proximité de l’océan atlantique et de l’estuaire girondin qui les protègent des chaleurs estivales excessives et ces belles graves de günz dont la capacité de rétention modère le stress hydrique. maturation Au début septembre, débute une veille tout aussi pointue, celle de la maturité des différents cépages et de chaque pièce. Les raisins sont continûment goûtés, pied à pied méthodiquement, puis analysés en laboratoire afin de déterminer l’opportune date des vendanges, secteur après secteur. Une gestion millimétrée jusqu’au sein d’une même parcelle afin de gagner en précision. vendanges Le très beau temps d’août et septembre, associé à des chaleurs clémentes, a permis l’épanouissement serein des raisins. A la fin septembre, alors que le merlot noir s’offrait complaisamment à nos sécateurs, le cabernet sauvignon se faisait encore désirer … Les légères pluies des dimanche 22, mardi 24 et mercredi 25 septembre ont relancé le processus de maturation. Au tournant du mois, la transmutation d’excellence des cabernets sauvignons s’opérait enfin. Le très beau temps d’août et septembre, associé à des chaleurs clémentes, a permis l’épanouissement serein des raisins. Le constat est qu’ici, et sans doute mieux que le merlot, le cabernet sauvignon s’accommode de ces conditions climatiques plus chaudes en maintenant un cycle végétatif long : 120 jours et plus de la floraison à la complète maturation des raisins. Avec des IBMP (*) totalement dégradées, des degrés alcooliques contenus, des acidités en phase, des peaux épaisses à l’extraordinaire potentiel anthocyanique, des pépins parfaitement mûrs, aucun doute, le potentiel d’excellence est là ! Les vendanges manuelles très précautionneuses sont complétées par une inspection stricte des grappes au bout des rangs puis un tri optique des baies à l’arrivée au cuvier. La matière doit être irréprochable. VINIFICATIONS Nous avons obtenu des jus superbes. Sur ce millésime, nous avons expérimenté une batterie de cuves tronconiques de faibles contenances (60/80 hectolitres), de nouvelle génération (« intelligentes »), permettant de travailler au plus juste et in fine d’exprimer au plus près l’identité de chaque parcelle dans le vin. Cette précision se retrouve dans les assemblages qui ont atteint désormais un niveau de précision remarquable (inférieur à 0,3%). Chaque année, s’ajoutent des aides à la décision, tant dans le suivi phytosanitaire de la vigne que dans la vinification et l’élevage. Aucun détail qui ne soit pensé et réfléchi dans le sens de l’excellence … pour révéler l’essence des terroirs de Ducru- Beaucaillou. hommage à la science et au progrès technique Une telle sophistication témoigne du génie scientifique à l’œuvre dans la viticulture et l’œnologie dans le monde en général et à Bordeaux en particulier. Cette recherche de l’absolu repose sur les talents de nos chercheurs et universitaires, de nos agronomes et œnologues mais aussi sur une économie exigeante tant en ressources humaines que financières. Il faut lui rendre hommage et se battre pour la préserver. Ne laissons pas échapper ce produit de haute culture ! IN FINE : LA GRÂCE Une cuvée absolument magique à l’esthétique typiquement médocaine. Une cuvée qui vogue vers le sublime. Remarquable de puissance contenue, d’élégance, de charme. Une présence profonde avec une silhouette athlétique. Aucune lourdeur, aucune outrance. Une danseuse dont les mains accrocheraient le ciel. Gambades, voltiges, mirages… Si haut elle s’élève qu’elle ne retombe pas. La grâce lui appartient. Ducru Beaucaillou Découvrir
2020, la grande conjonction

2020 la grande conjonction La convergence parfaite de trois conditions qui assurent à une cuvée un grand destin … Un temps estival favorable, chaud et sec. Avec sur la seconde quinzaine d’août des précipitations éparses en quantité idéale, survenues principalement la nuit, qui ont permis de favoriser la maturation des baies tout en préservant la fraîcheur. Des conditions météorologiques excessivement rares et tout aussi propices en septembre. Avec une heureuse alternance de journées claires et de nuits fraîches. Au mitan du mois, un épisode caniculaire a concentré le fruit et permis une pleine maturité phénolique, donnant des tanins très fins. La formidable implication de nos équipes techniques, compétentes, expérimentées et solidaires. Sans jamais ménager leurs efforts, elles ont su relever tous les défis du printemps et apporter un niveau de compétence et d’excellence jamais atteint au vignoble et dans les chais, notamment grâce à la mise en place de la nouvelle Direction Technique Qualité / R&D fin 2019. Une compréhension fine et une interprétation adaptée. Saluons leur travail d’orfèvre et leur obsession d’améliorer, millésime après millésime, l’exigence qualitative de nos crus. UNE Autre belle coïncidence : Le 21 décembre 2020, le jour même du solstice d’hiver et de la Grande Conjonction, nous finalisions notre assemblage de Ducru-Beaucaillou avec notre œnologue-consultant, Éric BOISSENOT, et nos équipes. 2020 trouve logiquement sa place aux côtés des magnifiques 2018 et 2019. Une trilogie rare à Bordeaux : le dernier triptyque à avoir atteint un niveau aussi prestigieux, fut celui des célèbres 1988, 1989, 1990. Finalement, le temps chaud et sec a apporté flamboyance et générosité au style raffiné de Ducru-Beaucaillou ; là encore, parfaite convergence entre concentration du fruit, puissance tannique maîtrisée et fraîcheur remarquable. 2020 Ducru-Beaucaillou est le millésime de nos 300 ans. Depuis 1720, six familles entretiennent un lien fort avec Ducru-Beaucaillou. A jamais captifs de ce prestigieux domaine, les Desjean, Bergeron, Ducru, Johnston, Desbarat de Burke ou encore les Borie. Autant de familles viscéralement attachées au domaine. Par-delà les décennies, cette dévotion a su outrepasser l’accidentel et le transitoire, comme si, sur ces terres élues, la passion parachevait l’œuvre de la Nature. VIGNERON FOR EVER ! Telle une devise, un dogme, cette pensée d’Emile Peynaud dont nous souhaitons qu’elle nous habite tous : « Être vigneron, c’est être inventif dans la tradition, enthousiaste dans la méditation, fougueux avec patience, artiste avec méthode, audacieux avec réflexion, obstiné avec fantaisie. Pour lui, la vigne est un combat entre la matière, les éléments, la biologie et sa main œuvrante ». Le printemps Les conditions météorologiques initiales se sont avérées favorables à la maturation du Cabernet Sauvignon. L’hiver doux (+ 2,4 ° C au-dessus de la moyenne trentennale) a entraîné un débourrement précoce : les premiers bourgeons sont apparus entre le 19 et le 25 mars. Conséquemment, une floraison précoce en mai, fortuitement entre deux épisodes pluvieux, puis une nouaison rapide, homogène, avec deux semaines d’avance a généré une précocité idéale pour les Cabernets Sauvignons. Au bout du compte et malgré tout, le printemps aura fortement mobilisé nos équipes avec le gel (fin mars), la grêle (mi-avril) et les attaques cryptogamiques, en particulier le mildiou (début juin). De tels phénomènes expliquent des rendements moindres mais, heureusement, un potentiel de qualité parfaitement préservé. L’été L’été fut chaud et sec avec ce qu’il fallait de pluie en fin de saison. À Ducru, nous avons enregistré 28 jours au-dessus de 30 ° C et 6 jours au-dessus de 35 ° C. En termes de précipitations, il y a eu 55 jours avec moins de 10 mm de pluie (19 juin – 11 août). Après cette période de sécheresse, la pluie, survenue au moment opportun, à partir du 15 août, a permis d’atteindre une pleine maturité. Les averses nocturnes ont maintenu des températures fraîches, essentielles à l’éclat du fruit et à la richesse aromatique de nos futurs vins. Maturité Septembre a été marqué par un autre épisode sans pluie, rarissime à cette époque (30 août – 18 septembre). L’alternance de nuits fraîches et de journées claires a permis aux raisins d’achever leur maturation dans des conditions optimales ; les premiers contrôles début septembre étaient déjà très prometteurs. Une vague de chaleur à la mi-septembre (température moyenne la plus élevée depuis 30 ans) a concentré davantage le fruit et a favorisé la maturation complète des peaux. Les petites baies présentaient une pellicule épaisse, très riche, une couleur profonde, des tanins élégants et fins, une pulpe aux arômes intenses, des pépins parfaitement mûrs avec un goût typique de noisette. Les baies étaient très concentrées et de petites tailles (Merlot : 1,1-1,3 g / baie et Cabernet Sauvignon : 0,9-1,1 g / baie). Les vendanges Une récolte idéalement chaude, sèche et précoce. En fait, c’est l’un des seuls millésimes de l’histoire de la propriété où les vendanges se sont intégralement réalisées en septembre. Pas moins de 150 vendangeurs ont travaillé durant trois semaines pour sélectionner et récolter à la main les raisins de nos quatre vins. On raisonnait au pied de vigne… Les vendanges ont débuté avec les Merlots le 11 septembre pour se terminer avec les Cabernets Sauvignons le 30 septembre. Les Cabernets Sauvignons ont été ramassés en moyenne 125 jours après la floraison pour assurer une parfaite maturité phénolique, les merlots à 113 en moyenne pour préserver leur fraîcheur. Des rendements plus faibles avec 25-30hl / ha à Saint Julien et 20-25hl / ha dans le Haut Médoc. Les privilèges d’un terroir Une campagne 2020 marquée par des défis climatiques. Cependant, nos croupes, ventilées par le proche estuaire, ont été épargnées par les gelées printanières du 30 mars. Nos sols de graves günziennes ont permis un drainage adéquat pendant les fortes pluies de fin avril et début juin. Les réserves du sous-sol ont fourni l’alimentation en eau nécessaire durant la période de sécheresse en juillet et août. Enfin, tout au long de l’été, la proximité de l’océan Atlantique et de l’estuaire de la Gironde a tempéré le mercure avec des nuits fraîches. Favorisant une respiration bienveillante, les importantes masses